Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Envoyer ce Blog à un ami | Avertir le modérateur

04.02.2010

Veiller la vie

La violence encadre toutes nos actes. Souvent, elle habite l'action.
(ainsi, la naissance est l'un des actes les plus riches de la vie, mais c'est un acte violent)
Souvent aussi, la violence est dans nos paroles, dans l'atmosphère que notre corps crée autour de lui.

La souffrance est dans tous nos efforts, toutes nos actions aussi.
La souffrance est la ligne de basse de notre vie, ce qui la soutient en force et en énergie, ce qui consomme nos forces.

L'envie est le produit nocif de la fatigue de l'esprit.

La méditation sur notre souffrance permet de mieux nous ouvrir sans violence.

Ne faut-il pas tout faire pour réduire la violence de notre présence au monde?
Ne faut-il pas tout faire pour que le partage de nos souffrances ne se fasse pas au prix de l'autre?
Ne faut-il pas étouffer les élans de l'envie aux portes de nos coeurs?

17.01.2010

Atteindre Dieu

*

Comment atteindre Dieu si l'église se referme dans une splendide singularité?

L'église se referme?

C'est ma crainte. Ce n'est pas une vérité.

Il n'est pas facile de voir clair dans un monde divisé qui ne cesse de hurler la raison et la déraison en même temps.

De lassitude, j'ai envie de me retirer. J'ai envie de poursuivre ma quête pour atteindre Dieu sans église. Il est certain que de cette manière, je ne rejoindrai que des égarés. Mais j'aime mieux deviser et marcher avec des égarés au coeur ouvert qu'avec une troupe trop ferme et preste aux "garde-à-vous".

Une église ne se remplace pas, je pense. C'est par la grâce du ciel qu'une église bienfaitrice existe. ce n'est pas de notre fait.

*

09.01.2010

Un coeur qui marche

*

Je marche avec mon coeur comme boussolle,

Et cela me coûte (oui, cette boussolle n'est pas facile à comprendre, par exemple).

Je sens que cette marche est beaucoup plus coûteuse que la marche froide de celui qui ne chercher qu'à gagner, qu'à survivre au plus haut dans la marmite sociale qui bouh!

*

Seule la marche avec mon coeur me permet de côtoyer la bonté.

C'est la seule marche qui me fait sentir qu'il y a un au-delà de cette vie sur terre.

Je sens, marchant ainsi, que la bonté mène au bonheur le plus durable qui soit, et qui est là, à notre portée.

*

05.01.2010

Rapport passion douce de l'an nouveau

*

La bonté,

ça ne rapporte pas,

ça rend riche, mais

d'une richesse

qui

ne 

compte

pas.

_____________________________

***

29.12.2009

Ezéchiel

"La parole de Yhwh s'adresse à moi...: dis-leur
"Les jours approchent, toute vision parle.
En effet, c'en est fini des visions mensongères
et des prédictions rassurantes
pour la maison d'Israël.
Moi, Yhwh, je dis ce que je dis, ma parole va s'accomplir;
c'est imminent, c'est pour votre temps,
bande de révoltés!

Ce que je dis se fera, déclare le Seigneur Yhwh"."

A nouveau, ces parole, que je trouve au chapitre 11, 23-25 d'Ezéchiel, résonnent avec une actualité frappante.

Tous les médias sans exception nous bassinent de prédictions rassurantes, de visions mensongères, et nous le savons, et nous nous en gavons, et nous nous rassurons. Très peu de paroles vraies sont échangées, comme dit justement Christian Bobin dans Le très bas. Très peu de justice règne dans notre monde.

Les "révoltés" du Livre d'Ezéchiel sont ceux qui tournent le dos à Yhwh, parce qu'ils ne voient pas en Yhwh leur sauveur, mais leur accusateur, et ils fuient leur accusateur, ils se révoltent contre lui.

*

Un monde arrive peu à peu à sa fin: celui de l'Europe opulente, riche et maîtresse du monde, avec d'autres, mais pas sans eux.

Le monde de demain pourrait bien être un monde dans lequel la vie en Europe est frugale, où la pauvreté a pris une place immense. Demain, l'Europe n'aura sans doute plus la maîtrise du monde, mais elle sera peut-être maitrisée par d'autres puissance plus fortes qu'elles et qui à leur tour feront usage de leur force comme l'Europe l'a fait pendant les quatre derniers siècle: sans beaucoup de scrupule, sans beaucoup de souci pour les peuples dominés.

*

Avec le dénuement vient le jour d'une nouvelle grâce, bien plus proche de la vérité et de la justice que ces temps-ci.

26.12.2009

La sainte famille

1770047a.jpgLa "Sainte famille". La famille est un champ de naissances et de ruptures. C'est ainsi que la vie est.

Ce dimanche, nous lisons que Jésus n'avait pas beaucoup de considération pour ses parents naturels, Marie et Joseph. Il s'écarte d'eux pour aller interroger les "Docteurs de la Loi", dont il se distanciera profondément quelques années plus tard, lorsqu'il prêchera la "Bonne Nouvelle".

Quelle drôle de manière de célébrer la famille que de rappeler cet épisode. Qui plus est, peut-on penser un seul instant que Jésus ait appris à connaître Dieu en interrogeant des savants? Quelle idée saugrenue! Quelle provocation contre l'amour, qui n'a rien d'une science, qui n'est pas à la portée des docteurs, je le sais trop bien pour l'avoir vécu auprès d'un enfant qui a failli perdre la raison pour de bon et que notre ampour, je pense, a ramené à nous dans la douleur du verbe "aimer".

Tout n'est-il que ruptures dans notre monde terrestre?

1770046c.jpg

Faut-il s'en émouvoir, faut-il l'accepter? Faut-il se dire - ô comble de paradoxe - que l'amour n'est que là où nous sommes prêts à toutes les ruptures qu'il commande?

Cette douleur qui s'éprouve à tant aimer, cette insupportable sentiment de ne pas être à la hauteur, de ne pas savoir comment aimer, rend presque fou de rage contre cette vie trop étroite en apparence.

*

Regarder ce pauvre Joseph, extrait de l'épiphanie de Jérôme Bosch, exposée au musée du Prado. Il est à l'écart, à sècher le linge devant un maigre feu de bois, sous un toit percé - il pleut peut-être (c'est pourquoi il a la tête couverte) - il fait froid.

Les mages envahissent la crèche et que Marie trône déjà à sa place en offrant ses genoux à son fils divin.

04.12.2009

l'homme digne

Celui qui se tient debout en soignant son apparence pour être digne, celui-là soigne son humanité et apporte à ceux qui l'entourent une bienfaisante présence.

Car qu'y a-t-il de plus réconfortant que de voir un semblable se tenir dignement? Cette attitude n'engage-t-elle pas tous ceux qui l'entourent à se sentir bon à leur tour et, rayonnant à leur tour, d'ainsi de proche en proche faire notre humanité meilleure?

C'est sans doute de cela que parle Saint Thomas lorsqu'il définit la magnanimité.

 

01.12.2009

Livre d'Ezechiel

 

 

Ezekiel.jpgJe commence le Livre d'Ezéchiel ('Nouvelle' traduction, Bayard). Je suis déjà impatient de lire la vision des ossements. Mais patience...

Déjà, arrivé au chapitre 3, je découvre une expression de toute beauté sur ce que "lire" veut dire.

Ezéchiel vient d'avoir une vision et il est apostrophé par Yhwh:

« Debout, fils d'Adam, j'ai à te parler. » (2,1)

Ensuite, oh prodige!

« ... une main se tend vers moi, elle tient le rouleau d'un livre. Elle le déroule devant moi: il est écrit recto verso. Il y est écrit: "Pleurs! Plaintes! Hélas!" » (2,10)

Et le récit de continuer:

« Fils d'Adam, me dit-il, ce qui est là, mange-le. Mange ce livre et va parler à la maison d'Israël." J'ouvre la bouche et il me fait manger le livre. "Fils d'Adam, nourris-toi, me dit-il, remplis tes entrailles avec ce livre que je te donne." Je le mange et c'est dans ma bouche d'une douceur de miel. »

Un moine de Clerlande m'avait parlé de la "manducation" de la parole, geste qui consiste à s'imprégner de la parole en sorte qu'après un 'repas' de parole (une messe par exemple), je ne suis plus le même qu'avant: quelque chose dans ma constitution a changé, s'est nourri de ce qui vient de hors de moi - de la parole - qui à présent, si je suis parvenu à digérer cette "parole", est devenu un élément constitutif de moi (voyez Marcel Jousse).

25.11.2009

De Jérémie à Ezéchiel

Je viens de terminer Jérémie, j'entre dans le Livre d'Ezéchiel.

Tous les deux ont vécu une époque de grand effondrement, tous les deux ont vu venir cet effondrement, tous les deux ont prophétisé et le malheur, et les raisons qu'il y avait à continuer d'espérer.

Je cite l'introduction d'Ezéchiel dans la Bible Bayard (Maurice Roger):

"Il dénonce de manière virulente la violence, l'injustice, le non-respect des pauvres, l'idolâtrie, les alliances politiques douteuses. Ezéchiel annonce résolument au-delà du malheur présent, les temps de délivrance: Yhwh prépare pour son peuple un avenir de paix et le retour au pays."

Notre temps ressemble fort à ce temps-là.

Ma négligence est désespérante, mais j'ai des raisons d'espérer.

*


04.11.2009

Jérémie

Le livre de Jérémie est un récit exemplaire de quelqu'un qui sait que la vérité divine n'est pas quelque chose qui s'impose entre les hommes, mais quelque chose qui se partage entre personnes qui le veulent ainsi.

Ainsi, quand il prie pour le peuple de Juda et se dit "Et peut-être ils écouteront et se détourneront chacun de son chemin mauvais" (26,3) et plus loin "Et moi, je suis dans vos mains: ce qui semble juste à vos yeux, faites-le de moi. Mais, sachez-le, si vous me mettez à mort, c'est du sang innocent que vous mettez sur vous-même" (26, 14).

Même ce peuple obstiné, à la tête dure, le prie parfois dans son aveuglement de lui venir en aide malgré tout: "Notre supplique tombe devant toi, prie pour nous Yhwh ton Dieu pour tout ce qui reste, parce que de si nombreux, maintenant nous sommes si peu, comme tu le vois de tes yeux" (42, 2).

Des hommes qui se sentent perdus mais qui n'osent pas quitter le mode de vie néfaste qui est la leur, voilà une belle image de notre temps. Des hommes qui n'osent pas faire confiance à l'appel qui vient du fond d'eux-mêmes, qui n'osent pas entendre le bonheur qui est à portée de leur main, le bonheur du dénuement et de l'ouverture au monde.

*

01.11.2009

Eprouver la mort

J'assistais vendredi à l'enterrement de cette dame avec laquelle je m'étais lié d'amitié.

J'entendais quelqu'un témoigner à propos de son action au sein de "Télé-Accueil"(http://www.tele-accueil-bruxelles.be/qqn_a_qui_parler.php). Il rappelait ce mot d'ordre: "continuer à mettre debout".

C'est vrai que c'est cette action qu'elle faisait sans cesse. Être debout et continuer à mettre debout, c'est ça la vie. Vraiment, la vie et dans cette action de contuellement se mettre et mettre debout. Ne pas le faire, c'est trahir la vie.

*

Le départ de cette dame a évidemment comme toujours quand une personne de qualité s'en va, créé un trou d'air, une béance au sein de pas mal d'entre nous, surtout ses familiers, cruellement privés d'une telle richesse.

Éprouver sa mort sans faiblir, c'est sans doute ce qu'Il attend de nous.

*

26.10.2009

Prouver la vie

*

Elle est décédée.

Le dictionnaire de l'Académie explique que "décéder" signifie9782020925983.jpg
"sortir de la vie".

J'aurais comme toujours aimé que ce moment soit reporté à plus tard, qu'elle soit toujours là à pouvoir me voir, me parler et m'entendre. mais j'ai pris trop tard la décision d'aller la revoir. Elle était déjà sortie de la vie.

Elle aura été "vivante jusqu'à la mort" (du beau titre d'un ouvrage posthume de Paul Ricoeur). Elle ne se sera pas laissée impressionner par cette perspective qui l'a pourtant surprise de façon inattendue et désolante. Elle n'a pas été désolée. Elle ne s'est pas laissée démonter.

J'aime ceux qui prouvent ainsi que la vie est là, par dessus tout. La vie est joie surtout, sans concession, pleine de partage.

L'enterrement aura lieu vendredi, me dit-on. J'irai.

Quand j'ai entendu dire sa mort, je n'ai pas pu empêcher un sanglot, un soudain débordement intérieur des sentiments, en silence au bout du fil.
D'où venait-il? Il venait de ma vie.

J'irai à son enterrement pour éprouver la mort, de loin.

*

24.10.2009

Prouver l'amour

En étant là, en exprimant sans force mais de toutes mes forces ce qui est l'amour que j'ai pour toi, je prouve l'amour.

En laissant en moi parler comme mon coeur, je prouve l'amour que j'ai pour toi.

Le coeur qui bat fait sans cesse du bien: la vie. Le silence dans lequel je peux sentir en moi ce son en creux me rend le plaisir de vivre plus prégnant.

*

Je suis venu chez elle, lui ai souri, l'ai regardée souffrir sans frémir. On m'a dit qu'elle se meurt.

Elle n'est pas de ma famille mais une amitié solide est née entre nous un jour, à l'occasion d'une mobilisation politique locale.

Elle parlait encore avec volubilité. Elle a souri et m'a dit la surprise qu'elle avait de voir tant de monde venir à elle alors qu'elle était en chemin vers sa dernière demeure.

Ai-je fait preuve de quoi que ce soit? Ai-je fait preuve

*

23.10.2009

Eprouver l'amour

Faire l'épreuve de l'amour jusqu'au bout est l'expérience la plus belle qui peut être faite chaque jour, pour ainsi dire presque à chaque instant. Mais en fait cette expérience est rare. Elle est le fruit d'une rencontre qui pourrait ne pas avoir lieu. Elle fait souffrir même si elle aboutit à éprouver la vie dans sa plus belle expression.

L'épreuve de l'amour n'est possible que si je m'expose, pour ainsi dire à nu, à celui/celle que j'aime tant que je sais que dans cette manière de m'exposer je ne peux que, ultimement, le/la toucher enfin et être moi-même touché par ce qui fait le plus profondément ma chair et sa chair, mon esprit et le sien, deux visages qui tout d'un coup se voient sans masque, communient l'un à l'autre, se sentent reconnus et pour ainsi dire sauvés.

17.10.2009

Vivant

"un abîme sépare depuis toujours les corps matériels qui peuplent l'univers
et
le corps d'un être "incarné" tel que l'homme."

M. Henry, Incarnation, une philosophie de la chair, Seuil, octobre 2000, p. 7.

Pour l'instant et jusqu'à nouvel ordre, notre société nous forme à n'être conscients que de la matérialité de notre corps, sans ouvrir le moins du monde à ce qui n'est pas matériel et qui pourtant est ce qui nous fait vivre.

Ce qui nous fait vivre: une parole, un geste, une caresse

Ce qui nous fait vivre: un rire, un parfum, un bruissement d'oiseaux, une mélodie

Ce qui nous fait vivre: une parole échangée, un prière, une communion

L'église lutte contre l'abîme du matérialisme, qu'il soit capitaliste ou qu'il soit collectiviste. L'église lutte contre l'oubli de ce qui nous fait vivre: l'amour du prochain.

L'amour que le prochain a pour moi, et que je sens immense.
L'amour que j'ai pour le prochain, qui est ce qu'il est, grand comme moi.