29.12.2009
Ezéchiel
"La parole de Yhwh s'adresse à moi...: dis-leur
"Les jours approchent, toute vision parle.
En effet, c'en est fini des visions mensongères
et des prédictions rassurantes pour la maison d'Israël.
Moi, Yhwh, je dis ce que je dis, ma parole va s'accomplir;
c'est imminent, c'est pour votre temps,
bande de révoltés!
Ce que je dis se fera, déclare le Seigneur Yhwh"."
A nouveau, ces parole, que je trouve au chapitre 11, 23-25 d'Ezéchiel, résonnent avec une actualité frappante.
Tous les médias sans exception nous bassinent de prédictions rassurantes, de visions mensongères, et nous le savons, et nous nous en gavons, et nous nous rassurons. Très peu de paroles vraies sont échangées, comme dit justement Christian Bobin dans Le très bas. Très peu de justice règne dans notre monde.
Les "révoltés" du Livre d'Ezéchiel sont ceux qui tournent le dos à Yhwh, parce qu'ils ne voient pas en Yhwh leur sauveur, mais leur accusateur, et ils fuient leur accusateur, ils se révoltent contre lui.
*
Un monde arrive peu à peu à sa fin: celui de l'Europe opulente, riche et maîtresse du monde, avec d'autres, mais pas sans eux.
Le monde de demain pourrait bien être un monde dans lequel la vie en Europe est frugale, où la pauvreté a pris une place immense. Demain, l'Europe n'aura sans doute plus la maîtrise du monde, mais elle sera peut-être maitrisée par d'autres puissance plus fortes qu'elles et qui à leur tour feront usage de leur force comme l'Europe l'a fait pendant les quatre derniers siècle: sans beaucoup de scrupule, sans beaucoup de souci pour les peuples dominés.
*
Avec le dénuement vient le jour d'une nouvelle grâce, bien plus proche de la vérité et de la justice que ces temps-ci.
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26.12.2009
La sainte famille
La "Sainte famille". La famille est un champ de naissances et de ruptures. C'est ainsi que la vie est.
Ce dimanche, nous lisons que Jésus n'avait pas beaucoup de considération pour ses parents naturels, Marie et Joseph. Il s'écarte d'eux pour aller interroger les "Docteurs de la Loi", dont il se distanciera profondément quelques années plus tard, lorsqu'il prêchera la "Bonne Nouvelle".
Quelle drôle de manière de célébrer la famille que de rappeler cet épisode. Qui plus est, peut-on penser un seul instant que Jésus ait appris à connaître Dieu en interrogeant des savants? Quelle idée saugrenue! Quelle provocation contre l'amour, qui n'a rien d'une science, qui n'est pas à la portée des docteurs, je le sais trop bien pour l'avoir vécu auprès d'un enfant qui a failli perdre la raison pour de bon et que notre ampour, je pense, a ramené à nous dans la douleur du verbe "aimer".
Tout n'est-il que ruptures dans notre monde terrestre?

Faut-il s'en émouvoir, faut-il l'accepter? Faut-il se dire - ô comble de paradoxe - que l'amour n'est que là où nous sommes prêts à toutes les ruptures qu'il commande?
Cette douleur qui s'éprouve à tant aimer, cette insupportable sentiment de ne pas être à la hauteur, de ne pas savoir comment aimer, rend presque fou de rage contre cette vie trop étroite en apparence.
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Regarder ce pauvre Joseph, extrait de l'épiphanie de Jérôme Bosch, exposée au musée du Prado. Il est à l'écart, à sècher le linge devant un maigre feu de bois, sous un toit percé - il pleut peut-être (c'est pourquoi il a la tête couverte) - il fait froid.
Les mages envahissent la crèche et que Marie trône déjà à sa place en offrant ses genoux à son fils divin.
17:43 Publié dans Passions | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : jérôme bosch, epiphanie, joseph père de jésus
04.12.2009
l'homme digne
Celui qui se tient debout en soignant son apparence pour être digne, celui-là soigne son humanité et apporte à ceux qui l'entourent une bienfaisante présence.
Car qu'y a-t-il de plus réconfortant que de voir un semblable se tenir dignement? Cette attitude n'engage-t-elle pas tous ceux qui l'entourent à se sentir bon à leur tour et, rayonnant à leur tour, d'ainsi de proche en proche faire notre humanité meilleure?
C'est sans doute de cela que parle Saint Thomas lorsqu'il définit la magnanimité.
08:17 Publié dans Passions | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : dignité, reconnaissance, humanité
01.12.2009
Livre d'Ezechiel
Je commence le Livre d'Ezéchiel ('Nouvelle' traduction, Bayard). Je suis déjà impatient de lire la vision des ossements. Mais patience...
Déjà, arrivé au chapitre 3, je découvre une expression de toute beauté sur ce que "lire" veut dire.
Ezéchiel vient d'avoir une vision et il est apostrophé par Yhwh:
« Debout, fils d'Adam, j'ai à te parler. » (2,1)
Ensuite, oh prodige!
« ... une main se tend vers moi, elle tient le rouleau d'un livre. Elle le déroule devant moi: il est écrit recto verso. Il y est écrit: "Pleurs! Plaintes! Hélas!" » (2,10)
Et le récit de continuer:
« Fils d'Adam, me dit-il, ce qui est là, mange-le. Mange ce livre et va parler à la maison d'Israël." J'ouvre la bouche et il me fait manger le livre. "Fils d'Adam, nourris-toi, me dit-il, remplis tes entrailles avec ce livre que je te donne." Je le mange et c'est dans ma bouche d'une douceur de miel. »
Un moine de Clerlande m'avait parlé de la "manducation" de la parole, geste qui consiste à s'imprégner de la parole en sorte qu'après un 'repas' de parole (une messe par exemple), je ne suis plus le même qu'avant: quelque chose dans ma constitution a changé, s'est nourri de ce qui vient de hors de moi - de la parole - qui à présent, si je suis parvenu à digérer cette "parole", est devenu un élément constitutif de moi (voyez Marcel Jousse).
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