Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Envoyer ce Blog à un ami | Avertir le modérateur

27.02.2010

Jeûner tendrement

Quand vous jeûnez, parfumez-vous la tête, mettez vos plus beaux vêtements, souriez!

Telle est mon ambition.

Deux objectifs:

- le premier, reconnaître qu'en ouvrant un vide en moi, j'accueille mieux mon prochain.

- le second, purifier un peu mon être, cesser de me gâver pour me rassurer de mon existence.

*

C'est tout à fait contre l'air du temps, le jeûne, il faut aussi pour ce motif plus terrible le faire en cachette.

Et pourtant, jeûner, c'est résister à l'absurde du monde donné sans nuance. Jeûner, c'est se rendre compte qu'à l'intérieur de soi-même, il y a tant de choses à faire, tant de bonté à découvrir et à déployer.

Être bon ne rend pas riche en argent. Être bon rend riche à l'intérieur de soi et solide à l'extérieur de soi, dans la vie je veux dire.

*

Deuxième dimanche de carême: la Transfiguration. Profitons de cette lumière sur la terre pour apercevoir, l'instant de son éclair, la bonté divine qui habite ce monde à nos côtés, et qui prime si nous le voulons sur le mal absurde qui nous cottoie tout autant, qu'il soit le fait de la nature ou de nous-mêmes.

*

20.02.2010

Job socratique

Ω

Job est aussi intransigeant que Socrate. Il préfère se disputer avecsocrate.jpg ses amis et les contredire méchament que céder à leurs arguments qui font injure à la vérité qu'il sent près de lui, celle de la souffrance infinie et injustifiée, injustifiable, révoltante. Job blasphème, ce que ne fait pas Socrate.

Socrate ne se révolte pas, il tente sagement (ses contempteurs diront "perversement") de convaincre les forces vives d'Athènes d'opérer un changement intérieur, de s'investir tout entier dans la quête de la vérité, dans l'amour de la vérité.

Nous ne connaissons de Job que sa révolte. Socrate n'est pas un homme révolté, c'est un homme décidé, opiniâtre, intransigeant.

Socrate dira "Mon meilleur témoin, c'est ma pauvreté" (Apologie, 31 a-c). Job aurait dit la même chose, au temps de sa révolte. Christ dit la même chose, tous les jours de sa vie.

Socrate meurt pour ses convictions. Il refuse de fuir Athènes, il se soumet à la condamnation du peuple contre lui, même s'il clame son innocence.

Job ne meurt pas. Il a fait l'expérience personnelle de Dieu. Il l'avait jusqu'alors entendu "par ouï-dire". Restauré dans sa richesse, la pauvreté est effacée de sa vie, ne reste plus que comme souvenir. Paradoxe d'une grâce terrestre (chère aux protestants) ou nécessité de la fable jobbienne?

Ω

19.02.2010

Quitter Clerlande

 

Chapelle Clerlande.JPG

Je quitte Clerlande, son calme, sa sérénité,

Me revoici en ville, dans la cohue et dans l'empressement au travail.

Allons-y!

*

18.02.2010

Job, le retournement

*

"J'ai parlé sans intelligence des merveilles qui me dépassent et que j'ignore. Écoute, laisse-moi parler: je vais t'interroger et tu m'instruiras. Je ne te connaissais que par ouï-dire, mais maintenant, mes yeux t'ont vu."


Jb 42, 1-6

job1.jpg"Cela dure des semaines, des mois,... avant que Job soit capable de reconnaitre Dieu et de soutenir enfin son regard d'amour. ... Ce regard n'approuve ni ne condamne. Il laisse à Job toute sa liberté. Ce regard est seulement un regard d'amour, et d'amour infini. ...

Dieu n'est pas à mesure humaine. Il ne répond pas aux désirs des hommes, ni à ses craintes. ...

Seul le désespoir pouvait apprendre à Job quelque chose sur Dieu. ...

Le vrai Dieu vient briser quelque chose en nous... Dieu vient briser nos idoles... Dans chaque blasphème se cache la vraie figure de Dieu, même si elle est présentée à l'envers...

comme Sartre, comme Job, nous voilà devenus la cible vivante que Dieu veut briser pour rebâtir autre chose."

André Louf, Au gré de sa grâce - Propos sur la prière, Desclée de Brouwer, 1989

*

17.02.2010

Descendre

Mercredi des cendres.

Le jeûne m'oblige à m'alléger.

A midi, mal de tête mais ça passe.

En fin d'après-midi, des émotions à fleur de peau un instant, mais ça passe.

De souvenirs inhabituels, enfouis, ressurgissent.

Le soir, une espèce de sérénité passagère.

][][][][ ][][][][][][][][ ][][][][][][][][ ][][][][

Repos

16.02.2010

Arrêt sur sentiment de paix

*

Je suis en retraite à Clerlande (Ottignies-LLN), au monastère bénédictin, comme chaque année.

Mardi gras! Mais silence pourtant.

L'après-midi est bien avancée et déjà le soleil fait de longues ombres dans la neige qui fond sous ses rayons vigoureux.

*

Je ne peux ressentir la paix que si je m'arrête, je ne peux ressentir la paix qui si je m'arrête de courir, de penser, de scruter, d'emmagasiner des connaissances et des histoires.

Je ne suis plus productif, je suis réceptif.

*

04.02.2010

Veiller la vie

La violence encadre toutes nos actes. Souvent, elle habite l'action.
(ainsi, la naissance est l'un des actes les plus riches de la vie, mais c'est un acte violent)
Souvent aussi, la violence est dans nos paroles, dans l'atmosphère que notre corps crée autour de lui.

La souffrance est dans tous nos efforts, toutes nos actions aussi.
La souffrance est la ligne de basse de notre vie, ce qui la soutient en force et en énergie, ce qui consomme nos forces.

L'envie est le produit nocif de la fatigue de l'esprit.

La méditation sur notre souffrance permet de mieux nous ouvrir sans violence.

Ne faut-il pas tout faire pour réduire la violence de notre présence au monde?
Ne faut-il pas tout faire pour que le partage de nos souffrances ne se fasse pas au prix de l'autre?
Ne faut-il pas étouffer les élans de l'envie aux portes de nos coeurs?

Toutes les notes