01.12.2009
Livre d'Ezechiel
Je commence le Livre d'Ezéchiel ('Nouvelle' traduction, Bayard). Je suis déjà impatient de lire la vision des ossements. Mais patience...
Déjà, arrivé au chapitre 3, je découvre une expression de toute beauté sur ce que "lire" veut dire.
Ezéchiel vient d'avoir une vision et il est apostrophé par Yhwh:
« Debout, fils d'Adam, j'ai à te parler. » (2,1)
Ensuite, oh prodige!
« ... une main se tend vers moi, elle tient le rouleau d'un livre. Elle le déroule devant moi: il est écrit recto verso. Il y est écrit: "Pleurs! Plaintes! Hélas!" » (2,10)
Et le récit de continuer:
« Fils d'Adam, me dit-il, ce qui est là, mange-le. Mange ce livre et va parler à la maison d'Israël." J'ouvre la bouche et il me fait manger le livre. "Fils d'Adam, nourris-toi, me dit-il, remplis tes entrailles avec ce livre que je te donne." Je le mange et c'est dans ma bouche d'une douceur de miel. »
Un moine de Clerlande m'avait parlé de la "manducation" de la parole, geste qui consiste à s'imprégner de la parole en sorte qu'après un 'repas' de parole (une messe par exemple), je ne suis plus le même qu'avant: quelque chose dans ma constitution a changé, s'est nourri de ce qui vient de hors de moi - de la parole - qui à présent, si je suis parvenu à digérer cette "parole", est devenu un élément constitutif de moi (voyez Marcel Jousse).
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25.11.2009
De Jérémie à Ezéchiel
Je viens de terminer Jérémie, j'entre dans le Livre d'Ezéchiel.
Tous les deux ont vécu une époque de grand effondrement, tous les deux ont vu venir cet effondrement, tous les deux ont prophétisé et le malheur, et les raisons qu'il y avait à continuer d'espérer.
Je cite l'introduction d'Ezéchiel dans la Bible Bayard (Maurice Roger):
"Il dénonce de manière virulente la violence, l'injustice, le non-respect des pauvres, l'idolâtrie, les alliances politiques douteuses. Ezéchiel annonce résolument au-delà du malheur présent, les temps de délivrance: Yhwh prépare pour son peuple un avenir de paix et le retour au pays."
Notre temps ressemble fort à ce temps-là.
Ma négligence est désespérante, mais j'ai des raisons d'espérer.
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04.11.2009
Jérémie
Le livre de Jérémie est un récit exemplaire de quelqu'un qui sait que la vérité divine n'est pas quelque chose qui s'impose entre les hommes, mais quelque chose qui se partage entre personnes qui le veulent ainsi.
Ainsi, quand il prie pour le peuple de Juda et se dit "Et peut-être ils écouteront et se détourneront chacun de son chemin mauvais" (26,3) et plus loin "Et moi, je suis dans vos mains: ce qui semble juste à vos yeux, faites-le de moi. Mais, sachez-le, si vous me mettez à mort, c'est du sang innocent que vous mettez sur vous-même" (26, 14).
Même ce peuple obstiné, à la tête dure, le prie parfois dans son aveuglement de lui venir en aide malgré tout: "Notre supplique tombe devant toi, prie pour nous Yhwh ton Dieu pour tout ce qui reste, parce que de si nombreux, maintenant nous sommes si peu, comme tu le vois de tes yeux" (42, 2).
Des hommes qui se sentent perdus mais qui n'osent pas quitter le mode de vie néfaste qui est la leur, voilà une belle image de notre temps. Des hommes qui n'osent pas faire confiance à l'appel qui vient du fond d'eux-mêmes, qui n'osent pas entendre le bonheur qui est à portée de leur main, le bonheur du dénuement et de l'ouverture au monde.
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29.01.2009
être Jonas
Jonas est un paresseux, indécis.Il est comme moi. Il avance puis recule, hésite, ne croit pas tout. Dimanche passé, nous entendions un morceau de ce tout petit récit (4 chapitres) qui ne laissait pas paraître ce trait fondamental de ce personnage.
Il fait partie du peuple élu, mais il refuse d'abord d'aller proclamer aux cruels et riches Ninivites qu'ils vont être anéantis s'ils ne se convertissent pas. Jonas fuit et disparaît pendant trois jours dans le ventre de la baleine. Mais ce n'est pas la fin. Il est recraché à terre et Dieu - qui le connaît bien - le rappelle et lui dit d'aller dire aux Ninivites le sort qui les attend.
Ce qui attendrit chez Jonas, c'est sa faiblesse qui aboutit, à plusieurs reprises, à un désastre: le désastre de la tempête qui ne s'apaise que quand Jonas est jeté à l'eau; le désastre de sa bêtise quand, à la fin du récit, il s'offusque du fait que la prophétie qu'il a proclamée dans les rues de Ninives ("Encore 40 jours et votre ville sera détruite!") ne se réalise pas parce que les Ninivites se sont convertis.
Dieu est à son égard comme un père. Dieu ne se substitue pas à Jonas, il l'admoneste sans cesse paternellement. Le philosophe Hans Jonas (quelle coïncidence de patronymes!) a raison lorsqu'il écrit que Dieu souffre des faiblesses de l'homme (son petit livre "Penser Dieu après Auschwitz").
Soyons comme Dieu avec nos propres enfants, n'arrêtons pas, non, n'arrêtons pas de les admonester paternellement. S'ils peuvent en tirer de quoi prendre leur envol fièrement, tant mieux. Leur envol! c'est tout ce que nous espérons.
06:50 Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : bible, jonas, misère
09.07.2008
Rois
Je viens d'achever les livres des Rois dans la traduction Bayard.
Je suis arrivé à la page 640 de 2416 (format 'de poche').
Les deux livres des Rois décrivent une agitation insensée, depuis Élie, qui dit "Je suis agité d'une passion furieuse pour Yhwh" (1 Rois, 19, 10) jusqu'à Josias, qui restaure la Pâque et retrouve le 'Livre de l'Alliance' (2 Rois, 23) et Nabuchodonosor, roi de Babylone, qui pour clôturer ces livres, exile la fleur du peuple de Judas à Babylone (2 Rois, 25).
On sent un peuple inconscient de Dieu, tâtonnant entre idoles et Dieu. Ces Livres nous font même hésiter sur la Vérité d'un Dieu unique, les autres n'étant que des poteaux de bois façonnés de main d'homme. Qui me permet de dire cela, encore plus de l'écrire?
Le doute est permis, justement.
Dieu nous offre la faculté du doute. Non comme un cadeau empoisonné, mais comme il nous a offert de passer de la position du quadrupède à la station du bipède. Douter, c'est prendre un élan.
Les Livres des Rois nous encouragent à prendre un élan.
A présent, je vais entrer dans les 'Visions d'Isaïe'. Un délice, rien que ce titre. Je m'en réjouis déjà.
07:30 Publié dans Bible | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Rois, Bible, Élie, Isaïe, doute, élan, monothéisme
04.10.2007
Talitakum: marcher c'est vivre
J'étais jeudi soir à l'écoute de Sébastien de Fooz à la chapelle de la Résurrection, à Etterbeek. Il nous explique coment, partant de Gand, il est arrivé, à pieds, à Jérusalem. En 184 jours. C'est court.
Son site internet vaut le détour: www.talitakum.be
Les pélerins sont les aristocrates de notre temps. Ils nous montrent la voie: frugalité, miser sur la générosité (mise presque toujours gagnante), confiance dans notre prochain, notre proche voisin, cet inconnu.
Je lis cela pour le moment dans le récit d'une famille d'amis (avec deux enfants en bas âge à l'époque). Ils sont descendus de la région de Dinant à Compostelle, à pieds avec des ânes. Ils ont ensuite poursuivi leur errance pendant près de deux ans en Espagne et au Portugal. Se dégage de leur récit la même impression de bonheur dans une frugalité époustouflante.
Moi, je me contente de lire, toujours et encore, notamment cette Bible, qui est comme le mouvement profond du tic tac d'un quelque chose qui bat au fond de moi, et qui est un mystère. - Allez! il fait dans le mystique cette fois. C'te blague. - Non, je t'assure, au fond de moi, un mystère qui résonne!
22:15 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : talitakum, pélérinage, pélerin, marche, Bible, Lire la Bible



