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08.04.2009

terminer Isaïe

Je termine à l'instant Isaïe dans la traduction Bayard.

chapitre 65:

voici: je crée des ciels nouveaux
une terre nouvelle

 

chapitre 66:

Le ciel est mon trône
la terre mon marchepied
...
c'est l'humilié que je vois
l'homme abattu que ma parole bouleverse
on sacrifie un boeuf et l'on assomme un homme
...
on brûle de l'encens et l'on bénit le crime
...
Écoutez la parole de Yhwh
vous que sa parole bouleverse:
...
je vous consolerai
oui dans Jérusalem vous serez consolés
vous verrez, votre coeur jouira
vos os renaîtront comme l'herbe
ses serviteurs enfin connaîtront la main de Yhwh

...

... les ciels nouveaux
et la terre neuve que je crée

Oui, l'herbe verte est de retour, elle pousse l'hiver est fini. Les feuilles des arbres naissent et leur verdure réjouit.

Mais pourquoi mon coeur est si triste? Pourquoi ma main est tremblante? Pourquoi je me sens pas bouleversé, mais anéanti?

Pâques approche, Jésus est entré comme un roi mais sur une ânesse dans la ville sainte de Jérusalem, il a été crucifié.

Pourquoi je suis comme ces vierges folles, à regarder triste ma lampe qui s'est éteinte alors que le marié passe devant moi?

17.03.2009

"C'est l'infamie de ce profit qui m'a mis en colère"

"Je suis avec les battus, les souffles humiliés
ranimant le souffle des humiliés
ranimant le coeur des battus -
non je n'accuserai pas toujours
ma colère n'est que passagère
sinon devant moi faiblirait tout souffle
tout ce qui respire par moi -
c'est l'infamie de ce profit
qui m'a mis en colère
caché dans ma colère je frappe -
mais il a marché à l'envers
suivant le chemin de son coeur
j'ai surpris ses chemins

et je vais le guérir
et je vais le conduire
et je vais le combler"

Isaïe 57, 15-18

De quel profit parle-t-il?

Si je fais partie de ces malades, ah! que j'attends avec impatience qu'il me guérisse, me conduise et me comble!

30.12.2008

Mettre sa confiance en Dieu

*

"En comptant sur Yhwh on trouve un second souffle,

On déploie les ailes de l'aigle,

On s'élance inlassablement,

On marche sans relâche."

*

Isaïe, 40, 31 (trad. Bayard, Pierre Alfari - Jacques Niewarts)

10.09.2008

Un enfant est né

Le peuple qui traîne dans les ténèbres
a vu une grande lumière
...
Oui un enfant est né
un fils nous est donné
le pouvoir sur l'épaule
on crie son nom:
Merveille-de-Conseil
Dieu-Valeureux
Père-Toujours
Prince-de-Paix 
 
Ainsi écrit Isaïe (9, 1 et 5), après huit chapitres d'invectives, de condamnation d'un peuple rebelle, sourd à l'appel et inconstant.
 
Mais même à ce peuple, "un enfant est né". 
Ainsi, rien n'est définitivement perdu. Même ce peuple enténébré a vu la lumière. Notez ce temps de l'accompli, pas du futur: ce n'est pas tant que ce peuple verra; ce peuple a vu, c'est-à-dire a senti la lumière. Il l'a vue, mais la révélation de cette vision n'est peut-être pas encore dans son coeur. Il n'a pas compris le sens de cette lumière. Cette lumière l'a éblouie plutôt qu'éclairé, et il s'en est peut-être détourné, du coup.
 *
"Un enfant est né, un fils nous est donné." Hannah Arendt a fait de cette citation le coeur de sa philosophie de la condition humaine. Elle écrit que l'homme est un être des commencements.
 
Pour l'homme, rien n'est jamais achevé.
 
Rien n'est jamais tout à fait gagné ni tout à fait perdu, il y a toujours la possibilité de (re)commencer, parce qu'il y a la possibilité (merveilleuse, en fait, admirable et vitale) de pardonner, écrit-elle encore.
Si ce que Dieu nous donne, ce n'est pas une déesse guerrière comme Diane sortant de la cuisse du Jupiter, mais un enfant, un fils, c'est que ce que Dieu a en vue, c'est la Paix.
 
La paix des fils, qui sont tous frères, qui se souviennent tous d'avoir été enfants, d'être encore des enfants - des fils - de quelqu'un - d'un seul et même "Père-Toujours" - , de ne pas être simplement des individus perdus dans une masse anonyme, d'être un fils que le Père nomme quand il  lui parle.
 
 * 

01.09.2008

Isaïe

Yawh parle:
J'ai élevé des fils
Je les ai fait grandir
Ils se sont rebellés contre moi -
... 
Ainsi, Isaïe (I, 2) a eu cette intuition que nous sommes des fils et filles de Dieu.
Bien sûr un fils est rebelle, la nature humaine est ainsi faite, et c'est tant mieux.
* 
Mais un père, c'est celui qui est touché à tout moment en son plus profond par chaque geste de son fils, de sa fille. Un père, c'est celui qui est avide de la naissance et de la renaissance de son enfant, qui sent plus de prix dans la vie de ses enfants que dans sa propre vie. Le père est celui qui nourrit ses fils s'il le faut au prix de sa vie, de sa souffrance, comme l'albatros de Baudelaire.
Le père aime avant tout. Il n'est pas là pour se faire comprendre. Il est là pour que ses enfants vivent, et vivent au plus fort de ce que la vie peut offrir de bon et de savoureux pour eux.
Le père parsème sa richesse sur le chemin de ses enfants. Il leur montre la richesse de la vie. Il ne garde rien. 
"Peu importe moi, si mes enfant vivent bien", se dit-il dans un geste déraisonnable de générosité éperdue (c'est un Père Goriot pour le coup). 
* 
Mais si Dieu dit qu'il a des fils en nous, cela signifie aussi que nous sommes de sa nature, que nous avons en nous quelque chose de sacré, de divin. Ici et maintenant, cette dernière remarque me captive moins que la précédente.  

     

  *  

      

Fleur Mercantour

     

  *  

      

04.08.2008

Riches sans argent

Les lectures d'hier, dimanche, étaient réjouissantes. Lisez-les ici, si vous voulez, ou là.

Surtout Isaïe: il y en aura pour tout le monde, dit-il. Il suffit d'écouter pour vivre. Écouter quoi? Écouter qui?  

Dans la nouvelle traduction Bayard, Isaïe dit (chapitre 55):

Ohé les assoiffés, venez vers les eaux
et le désargenté, qu'il vienne
prenez du grain, mangez
venez acheter du grain
pas besoin d'argent
crème et vin gratuits!

à quoi bon payer pour manquer de pain?
n'avoir pour salaire que la frustration?
écoutez-moi, écoutez
vous aurez de quoi bien manger

...

écoutez-moi pour vivre
...

Cherchez Yhwh car on le trouve
appelez-le, car il est proche -
le bandit laissera son chemin
le criminel ses plans
il se tournera vers Yhwh
qui en sera remué

Comment a-t-on pu écrire des mots si beaux?
Comment a-t-on pu lire une telle beauté dans le dit de Dieu?

Ces paroles me suffisent pour vivre bienheureux 

De quoi d'autre aurais-je besoin pour vivre?
ces paroles ne me rendent-elles pas absolument libre?

Cette société révoltante à laquelle je participe,
aucune autre parole que celle-là ne pourra réellement m'en libérer,
ne pourra faire que je n'en sois ni esclave, ni damné.

Grâce à Dieu, grâce à sa Parole,
Je suis vivant.

Gloire à Dieu 

28.07.2008

L'homme

Isaïe, 2, 22 (traduction Bayard):

"Mettez fin à l'humain
c'est un souffle du nez
et qui ne rime à rien." 

Isaïe, 2, 22 (traduction Chouraqui):

"Cessez avec l'humain qui a une haleine en sa narine;
oui, en quoi compte-t-il, lui?"

 Isaïe, 2, 22 (traduction TOB):

"Laissez donc l'homme, ce n'est qu'un souffle dans le nez,
que vaut-il donc?"

Quelle est cette colère traduite par le prophète puis en français?

La traduction Bayard ne va-t-elle pas à l'encontre de la volonté divine qui est Vie et non destruction?

Dieu a-t-il l'homme "dans le nez" comme le disent Chouraqui et TOB?

N'est-ce que la passion qui fait écrire cette phrase enflammée?

11.07.2008

Paternité, exister pluraliste

"La paternité est un exister pluraliste", nous écrit Emmanuel Levinas dans Le temps et l'autre, une très belle entrée en matière dans son oeuvre, interviewé par Ph. Nemo, en Livre de Poche.

* 

Avant de commencer la lecture d'Isaïe, j'en lis l'introduction dans les notes de la Bible Bayard (grand format).

Ainsi, il y aurait un premier, un second, et peut-être un troisième Isaïe, nous écrit-on. Il y aurait le prophète Isaïe et ses disciples, qui tous concourrent à ce livre plein d'inspiration.

Ainsi, le Livre d'Isaïe serait le résultat d'un enchevêtrement d'hommes (et de femmes peut-être, rien ne permet de l'exclure absolument). 

Comme le dit le commentateur de Bayard (Pierre Alferi), à propos du 'premier' Isaïe,

"Sa voix engendre la parole d’autres hommes"

*** 

Isaïe engendrant d'autres hommes. Il est en eux, il est eux. Eux sont aussi lui.

Ainsi, je ne suis pas moi-même que dans la clôture de mon corps. Je suis, je vis aussi à travers les autres.

Et d'ailleurs, je ne suis pas que moi. Je ne vis pas que moi.

Je suis aussi mon père, mon frère, ma mère, ma femme.

Je veux dire: tous ces vivants m'imprègnent tant
que je ne peux pas dire que je suis "moi" seulement.

* 

Peu importe ce que je dis, peu importe ce que j'écris: vis! 

* 

09.07.2008

Rois

Je viens d'achever les livres des Rois dans la traduction Bayard.

Je suis arrivé à la page 640 de 2416 (format 'de poche'). 

Les deux livres des Rois décrivent une agitation insensée, depuis Élie, qui dit "Je suis agité d'une passion furieuse pour Yhwh" (1 Rois, 19, 10) jusqu'à Josias, qui restaure la Pâque et retrouve le 'Livre de l'Alliance' (2 Rois, 23) et Nabuchodonosor, roi de Babylone, qui pour clôturer ces livres, exile la fleur du peuple de Judas à Babylone (2 Rois, 25).

 

Prophète Élie

 

On sent un peuple inconscient de Dieu, tâtonnant entre idoles et Dieu. Ces Livres nous font même hésiter sur la Vérité d'un Dieu unique, les autres n'étant que des poteaux de bois façonnés de main d'homme. Qui me permet de dire cela, encore plus de l'écrire?

Le doute est permis, justement.

Dieu nous offre la faculté du doute. Non comme un cadeau empoisonné, mais comme il nous a offert de passer de la position du quadrupède à la station du bipède. Douter, c'est prendre un élan.

Les Livres des Rois nous encouragent à prendre un élan.

A présent, je vais entrer dans les 'Visions d'Isaïe'. Un délice, rien que ce titre. Je m'en réjouis déjà. 

 Isaïe