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30.11.2008

Avent

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Avent

Avent : avenue;

Avent: comme avenir;

Avent: comme événement;

Avent: quelqu'un est en train de venir à nous;

Avent: une grossesse qui arrive à son terme;

Avent: le Verbe est en train de se faire chair.

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13.09.2008

Vivre sa religion: une radicalité sans intégrisme

Le 30/9 à 20h, Rue Doyen Boone, 6, à 1040 Bruxelles, le cdh d'Etterbeek organise une soirée sur le thème repris en titre de ce message.

Y participeront notamment le père dominicain Ignace Berten et la députée cdh Clotilde Nyssen.

Il y avait, il y a longtemps, en France, un parti "radical" et qui, curieusement, occupait une place centriste. La "radicalité" ne signifie pas l'extrémisme. Pourtant, ce mot "radicalité" a bien peu les faveurs de notre société parce qu'il recouvre sans doute des formes dangereuses d'engagements: l'engagement intégriste.

Celui qui croit en Dieu, qui croit au Christ, qui comprends ce que signifie ses paroles "Je suis le chemin, la vérité et la vie", celui-là ne s'engage-t-il pas dans une voie pleine de radicalités? 

La radicalité est d'autant plus difficile à vivre qu'elle s'oppose à l'ordre ambiant, qu'elle doit y résister. Et, de fait, un chrétien véritablement engagé dans sa foi doit tous les jours résister dans une société qui, trop souvent, perd de vue les valeurs fondamentales de l'humanité, que la religion chrétienne, notamment, voudrait voir mises au premier rang de nos préoccupations.

18.07.2008

Vers le nouveau monde, le notre

Hier soir, je voyais le DVD de Persepolis.
J'avais beaucoup aimé la bande dessinée, réalisée avec une simplicité et une profondeur déconcertantes.
A la fois dénonciation de la bêtise monumentale que constitue le 'fondamentalisme' du pouvoir iranien, et ode à la force de la personne qui se reconnait capable de vivre selon ses propres convictions.
Convictions propres qui trouvent leurs racines dans une éducation atentive et patiente. Convictions propres qui ne sortent pas du nombril de la personne, mais de racines parfois lointaines.
Racines qui plongent dans la vie, le dialogue, l'épreuve du 'vivre ensemble' avec ses parents, ses proches, ses amis, ses ennemis.
 

14.07.2008

Le temple du marché

Jean Tauler (vers 1300-1361), dominicain
Sermon 46 (trad. Cerf 1980, t.2, p.24)

« L’Ecriture dit : ‘Ma maison s’appellera maison de prière pour toutes les nations.’ Or vous, vous en avez fait une caverne de bandits »

"      Notre Seigneur est entré dans le Temple et il a mis dehors tous ceux qui achetaient et vendaient, en disant : « Ma maison sera une maison de prière. Mais vous, vous en avez fait un repaire de brigands ». Quel est ce temple devenu une caverne de brigands ? C'est l'âme et le corps de l'homme, qui sont bien plus réellement le temple de Dieu que tous les temples jamais édifiés (1Co 3,17;6,19)."

"      Quand Notre Seigneur veut venir dans ce temple-là, il le trouve changé en un repaire de brigands et un bazar de marchands. Qu'est-ce qu'un marchand ? Ce sont ceux qui donnent ce qu'ils ont -- leur libre arbitre -- pour ce qu'ils n'ont pas -- les choses de ce monde. Le monde entier est plein de tels marchands! Il y en a parmi les prêtres et les laïcs, parmi les religieux, les moines et les moniales… Tant de gens si pleins de leur propre volonté…; tant de gens qui cherchent en tout leur propre intérêt. Si seulement, au contraire, ils voulaient faire un marché avec Dieu, en lui donnant leur volonté, quel heureux marché ils feraient !"

"      L'homme doit vouloir, doit poursuivre, doit chercher Dieu dans tout ce qu'il fait ; et quand il a fait tout cela -- boire, dormir, manger, parler, écouter -- qu'il laisse alors complètement les images des choses et fasse en sorte que son temple reste vide. Une fois le temple vidé, une fois que tu en auras chassé cette troupe de vendeurs, les imaginations qui l'encombrent, tu pourras être une maison de Dieu (Ep 2,19). Tu auras alors la paix et la joie du coeur, et plus rien ne te troublera, rien de ce qui maintenant t'inquiète et te déprime et te fait souffrir."

Quelle parole forte!

Quelle parole libre!

Qualle parole ancienne, pourtant, moyenâgeuse, selon toutes apparences. 

05.04.2008

Approcher Dieu en vérité

Michel Henry est un philosophe français qui a étudié l'importance du corps dans la vie. Il n'y a pas de vie sans chair qui fait l'épreuve de sa sensibilité. Sensibilité de l'oeil qui voit, de la main qui touche, de l'oreille qui entend, ... Le courant philosophique auquel il appartient est la phénoménologie.

Michel Henry est décédé en juillet 2002. Il a terminé son chemin philosophique dans la foi! Non qu'il ait été ravi par une révélation, comme Paul sur le chemin de Damas, ou appelé comme Samuel, mais il a 'acquis' par sa recherche philosophique la conviction que la parole du Christ nous amène à la vérité: l'homme peut, dans son expérience singulière de la vie, connaître la vérité, il peut faire des choix, il peut s'épanouir, il peut sentir.

Le titre de ses trois derniers ouvrages est très éclairant: "C'est moi la vérité. Pour une philosophie du christianisme", "Incarnation. Pour une philosophie de la chair" et "Paroles du Christ".

Michel Henry enseigne que la vérité existe, mais qu'elle s'éprouve (se ressent) plus qu'elle ne s'apprend. La vérité n'est pas saisissable dans les livres, elle est dans la vie.

J'ai l'idée que les philosophes, aujourd'hui, sont de plus en plus séduits par le message du Christ. En France particulièrement, leur résistance est terrible, et on voit qu'elle fait mal à ceux qui résistent par obligation laïque. Enfin, c'est ce que je crois voir. Peut-être je me trompe ...

28.03.2008

Croire à la violence

Ainsi, Geert Wilders est arrivé à ses fins: il a mis en ligne son film contre l'islam. Je ne mets aucun lien pour arriver à lui, il est assez largement 'googelisé'. Il est assez 'connu', 'reconnu' par les médias.

Hegel décrivait, avec dépit je pense, "la lutte pour la reconnaissance" comme une démarche humaine typique, mais purement négative. C'est ça que fait Geert Wilders: à tout prix se faire reconnaître.

C'est en niant l'autre, en identifiant  sa faute et la criant sur tous les toits, que moi-même, je me fais valoir à peu de frais, je me fais 'reconnaître' comme le bon, le valeureux. Il est tellement plus facile d'identifier le mal qui est en l'autre que le bien qui est en moi. Il est tellement plus facile de décrier que de ne pas crier et d'écouter.

Il est certes établi que l'Islam est dans une certaine mesure malade de ce que certains en ont fait. Depuis le 11 septembre 2001, l'islam est accaparé comme 'cheval de bataille', instrument pour prétendument défendre tous les 'damnés de la terre'. Une illusion succède à l'autre, pour le plus grand bien du mal.

Lisez Abdelwahab Meddeb, professeur à Paris, qui décrit si bien sa religion, ses forces et ses faiblesses. Il était l'invité il y a deux semaines de 'A vue d'Esprit' sur RSR, vous pouvez encore podcaster ses émissions je pense.

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Quand nous voyons un enfant qui se trompe, nous ne le mettons pas à mort, nous ne le linchons pas. Parce que l'enfant, c'est un avenir encore à venir. Si nous croyons à la vie, à sa vie, nous allons près de lui et nous lui expliquons ce qui, à notre avis, ne va pas. Nous essayons qu'il se corrige. Nous nous exposons nous-mêmes face à lui.

Pourquoi serait-il impossible de faire une telle démarche envers cette religion-là, une religion cadette par rapport à la nôtre. Si nous nous reportions quelques décennies en arrière, notre religion présentait elle-même des aspect dont aujourd'hui, nous préférons ne pas parler. Ce n'est d'ailleurs jamais la religion elle-même qui était inquiétante, c'est que que nous en faisons.

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24.11.2007

Joie

"Vous voulez savoir ce qu'est la joie, vous voulez vraiment savoir ce que c'est? Alors écoutez: c'est la nuit, il pleut, j'ai faim, je suis dehors, je frappe à la porte de ma maison, je m'annonce et on ne m'ouvre pas, je passe la nuit à la porte de chez moi, sous la pluie, affamé. Voilà ce qu'est la joie. Comprenne qui pourra. Entende qui voudra entendre. La joie c'est de n'être plus jamais chez soi, toujours dehors, affaibli de tout, affamé de tout, partout dans le dehors du monde comme au ventre de Dieu."

Christian Bobin, Le Très-Bas, 1992, Folio, p. 120 

[Le "bon larron" de dimanche est dans cette joie: perché au sommet du Golgotha: alors et alors seulement, il voit dans la désolation le triomphe de l'amour] 

27.10.2007

En attendant un sauveur des marchés financiers

Je vais m’enfoncer dans une autre écriture qui est attendue de moi. Elle est due depuis longtemps et on m’y relance.

J’avais écrit “Waiting for a savior of the markets “. Je l’avais traduit en français.

La suite m’attends. Pas grand chose, mais me requiert.

26.10.2007

Persiste cru

Dimanche demain, choisir entre publicain et pharisien.

Allons donc! Choisir? Nous sommes tous des publicains (attachés à tant d'argent, tant attachés à l'argent). Nous sommes tous pharisiens (fiers de nos résultats, de notre performance spirituelle).

Et d'ailleurs, plutôt que de les fuir, il vaut mieux utiliser dans ces deux images de moi ce qu'elles ont de porteuses, d'amour: le publicain, amoureux de sa petite personne misérable mais sauvable. Le pharisien, amoureux de sa grande personne, aimable et belle aussi.

Arrêtons de tergiverser! Aimons! Aimons non notre péché, mais notre chance d'être sauvé, notre Dieu quoi.