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26.11.2008

Etty Hillesum

Extraits du journal d'Etty Hillesum:

« J'essaie toujours de retrouver la trace de l'homme dans sa nudité, sa fragilité, de cet homme si souvent introuvable. Enseveli parmi les ruines monstrueuses de ses actes absurdes

« Il y a en moi un puits très profond. Et dans ce puits, il y a Dieu (...) Des pierres et des gravats obstruent ce puits, et Dieu est enseveli. »

Ce qui me frappe dans son parcours, c'est qu'elle est au départ agnostique, et qu'en suite d'un travail thérapeutique avec un psychologue, pour se guérir d'une instabilité psychique inquiétante qu'elle ne voulait pas laisser aller au gré de la nature, elle a découvert Dieu dans toute sa profondeur et son caractère aujourd'hui plus que jamais problématique.

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Le site du journal La Croix propose un intéressant rappel de son parcours

22.10.2008

Être sans avoir

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Que puis-je avoir? Que puis-je être?

Qu'ai-je? Que suis-je?

Qui suis-je?

*

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05.09.2008

De quoi devrais-je être sauvé !?! Drôle de question !

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Voici le début de ma réponse : je ne sais pas si je suis perdu, mais je sais qu’il n’y a rien de plus facile pour un homme (surtout pour un homme libre) que de se perdre, même – et surtout – sans le vouloir.

Ainsi, être sauvé, c’est d’abord, et par la négative, ne pas se perdre.

Mais c’est évidemment plus que ça.

 

Un moyen de ne pas me perdre, c’est de me fier à quelqu’un en qui je pense pouvoir placer ma confiance.

Je peux me fier au Christ ; je peux également me fier à mes amis, mon conjoint, mes parents. Mes amis, ma femme, mes parents m’aident à ne pas me perdre.

Le Christ ajoute qu’il « sauve ». Être sauvé, cela signifie sans doute ne plus jamais risquer de se perdre.

 

Mais en fin de compte, me demander ce que veut dire « être sauvé », c’est un peu comme demander à un petit enfant ce que veut dire « être adulte ».

N’ayant pas vécu cet état, l’enfant n’a pas les moyens de répondre à cette question.

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02.09.2008

Dire "oui"

 

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Si je suis fils d'un tel père, c'est que j'ai tout pour être sauvé.

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Il suffit que je dise "Oui, Père" et je suis sauvé.

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Il suffit que j'embrasse la vie par le côté qu'il me désigne et je suis sauvé. 

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04.08.2008

Riches sans argent

Les lectures d'hier, dimanche, étaient réjouissantes. Lisez-les ici, si vous voulez, ou là.

Surtout Isaïe: il y en aura pour tout le monde, dit-il. Il suffit d'écouter pour vivre. Écouter quoi? Écouter qui?  

Dans la nouvelle traduction Bayard, Isaïe dit (chapitre 55):

Ohé les assoiffés, venez vers les eaux
et le désargenté, qu'il vienne
prenez du grain, mangez
venez acheter du grain
pas besoin d'argent
crème et vin gratuits!

à quoi bon payer pour manquer de pain?
n'avoir pour salaire que la frustration?
écoutez-moi, écoutez
vous aurez de quoi bien manger

...

écoutez-moi pour vivre
...

Cherchez Yhwh car on le trouve
appelez-le, car il est proche -
le bandit laissera son chemin
le criminel ses plans
il se tournera vers Yhwh
qui en sera remué

Comment a-t-on pu écrire des mots si beaux?
Comment a-t-on pu lire une telle beauté dans le dit de Dieu?

Ces paroles me suffisent pour vivre bienheureux 

De quoi d'autre aurais-je besoin pour vivre?
ces paroles ne me rendent-elles pas absolument libre?

Cette société révoltante à laquelle je participe,
aucune autre parole que celle-là ne pourra réellement m'en libérer,
ne pourra faire que je n'en sois ni esclave, ni damné.

Grâce à Dieu, grâce à sa Parole,
Je suis vivant.

Gloire à Dieu 

19.05.2008

Trine

Dieu est trinité.

Moi, « Je m'appelle Légion, car nous sommes beaucoup. » (Marc, ch. 5, v. 9)

Oui, je suis dispersé, je sers de multiples maîtres, je suis inconstant, je suis ... beaucoup. 

Faire unité, ne plus être si dispersé, être constant, ça demande une force terrible, c'est presque tout le chemin de la foi.

Y arriverai-je?  

Oui            Oui     Oui    Oui     Oui    Oui    Oui   Oui      Oui     Oui    Oui      Oui     Oui     Oui     Oui      Oui    Oui     Oui    Oui      Oui     Oui    Oui    Oui   Oui     Oui   Oui      Oui    Oui   Oui      Oui     Oui    Oui    Oui     Oui        Oui          Oui

29.04.2008

Germaine Tillion

Germaine Tillion (site de l'association Germaine Tillion) est morte le 19 avril 2008 à son domicile, près de Paris, à l'âge de 100 ans (voir le court article nécrologique de la Libre).

Ethnologue, femme la plus décorée de France, elle avait participé à la résistance, s'était opposée à la torture en Algérie et avait, auparavant, été envoyée au camp de concentration de Ravensbrück en 1942 pour actes qualifiés de terroristes par l'ocupant. Sa mère l'avait rejointe en 1944 et y est morte gazée peu avant la libération du camp, le 2 mars 1945.

Germaine Tillion a fait un formidable travail de dépouillement scientifique et humain en écrivant un livre intitulé "Ravensbrück".

Elle avait récemment autorisé la publication d'une opérette qu'avec la complicité de co-détenues, elle avait écrite dans le camp de concentration: "Le Verfügbar aux Enfers" ('Verfügbar', cela signifie 'disponible', 'corvéable à merci'). C'est drôle, désopilant, complètement dépouillé. Ce sont des femmes qui savent qu'elles sont à la merci d'hommes qui ne souhaitent que leur liquidation, mais elles prennent le temps de rire de cette situation. Il n'y a aucun cynisme; il y a une bonne dose d'ironie salutaire.

Exemple de dialogue:

"Le naturaliste (un observateur extérieur) - qu'est-ce que c'est ce "Planirung"?

Havas (une détenue, une 'Verfügbare') - C'est prendre un endroit pas plat, pour en faire un endroit plat...

Le naturaliste - Faire disparaître les rondeurs ... Mais quelles rondeurs? ... Ah! j'ai compris! C'est vous les cuisinières du camp...

Havas - Pas du tout! Nous nous attaquons aux rondeurs géographiques et non aux rondeurs anatomiques ..." 

*

Germaine Tillion faisait partie du réseau de résistance appelé 'musée de l'homme'. Elle a été dénoncée par un prêtre luxembourgeois établi à Paris du nom de Robert Alesch qui a, par une activité d'infiltration, fait énormément de tort à la résistance française.

Robert Alesch faisait partie de l'Abwehr (services secrets allemands).

Des dizaines de résistants furent arrêtés et liquidés sur base de ses dénonciations.

Samuel Beckett, qui faisait partie du réseau de résistance 'Gloria SMH', a dû fuir Paris en 1942 également pour échapper à une dénonciation de ce prêtre.

*

Germaine Tillion n'avait pas hésité à abandonner le confort de sa vie pour résister à l'occupant allemand. Elle est morte passés ses 100 ans de vie, admirée pour sa bravoure et son intelligence.

Le prêtre Alesch n'avait pas hésité à abandonner sa conscience pour la 'concupiscence', la satisfaction de ses sens. Il est condamné à mort et fusillé en 1949. Il avait 43 ans.

(Peu importe d'ailleurs le nombre des années)
(La vie n'est pas dans leur nombre, elle est sans leur saveur) 

*

Seigneur, ne nous abandonne pas!


Qu'as-tu à gémir, mon enfant?
Ai-je jamais abandonné un homme?

Et pourquoi es-tu si revèche, si méchant?
Pourquoi, dis-moi, exprimes-tu tant d'arrogance parfois?
Et pourquoi exprimes-tu tout ce qui devrait rester retenu, caché?


Seigneur, tu me poses ces questions alors que tu me connais mieux que moi-même je me connais.


En effet, mon enfant,
je veux que tu te comprennes,
afin que tu te puisses te libèrer de ce qui fait ta faiblesse,
afin que tu puisses abandonner ce qui te retiens dans l'inaccomplissement, loin de mon royaume.

_ח_

17.02.2008

Messe

Aller à une messe. Le dimanche matin en particulier. Tous les dimanches, pourquoi pas?

Ce n'est pas vraiment ce que je fais.

Aujourd'hui, il est permis d'analyser cette démarche en termes thérapeutiques aussi. 

L'écoute, l'offrande, la communion, le chant, la demande de pardon. Tous ces mots, toutes ces actions si simples ont un effet salutaire (n'ayons pas peur des mots). 

* 

C'est quoi, le salut?
Je pense que ça n'a rien à voir avec le confort, par exemple, ce n'est pas devenir replet. 

Approcher du salut, sans doute que c'est quelque chose comme accomplir l'humanité de l'homme, remplir complètement cette personne - singulière, à nulle autre pareile - qu'il nous est donné d'être.

C'est comprendre le dessein de Dieu. Pas besoin d'en parler longuement. Fouiller dans ses entrailles, trier, chercher chercher. Jeter les détritus, retirer les bons détruits, revivifier, et surtout partir.

Partir, aller de l'avant, avec juste une ceinture et un bâton dans la tête. Oui. Enfin ce n'est pas vraiment ce que je fais: mon confort, j'y veille aussi.

Pas grave. Ce que tu fais, ce que tu dis, ça m'amuse déjà: ce n'est pas perdu. Continue, sois prêt! Prêt à quoi? Prêt à moi, à venir à moi dans le buisson ardent.

Dans le buisson ardent? C'est dingue!

* 

26.10.2007

Persiste cru

Dimanche demain, choisir entre publicain et pharisien.

Allons donc! Choisir? Nous sommes tous des publicains (attachés à tant d'argent, tant attachés à l'argent). Nous sommes tous pharisiens (fiers de nos résultats, de notre performance spirituelle).

Et d'ailleurs, plutôt que de les fuir, il vaut mieux utiliser dans ces deux images de moi ce qu'elles ont de porteuses, d'amour: le publicain, amoureux de sa petite personne misérable mais sauvable. Le pharisien, amoureux de sa grande personne, aimable et belle aussi.

Arrêtons de tergiverser! Aimons! Aimons non notre péché, mais notre chance d'être sauvé, notre Dieu quoi.